Six étapes pour passer au naturel

Passer au naturel en cosmétique s’accompagne souvent d’une réflexion plus vaste que la seule sphère de la cosmétique, des réflexions que vous pourrez retrouver partout sur la toile. Alimentation, mode de vie, simplicité, mouvement Slow, etc. : chacun à son rythme avance, selon ses besoins et envies !

Une échelle de progression vers votre bien-être

Mais il est souvent compliqué de s’y retrouver au début : il y a tellement d’options, et on ne sait plus où donner de la tête ! Pour peu que l’on souhaite changer ses cosmétiques ET son alimentation en même temps, là, on risque de manger du shikakai et de se mettre du jus d’orange dans les cheveux.

Je me rappelle, lorsque j’ai commencé à changer mes habitudes cosmétiques, je suis passée par plein de stades différents : l’achat de plein de produits en vue de faire de la cosmétique maison, beaucoup plus de soins qu’avant, la cosmétique-cuisine, etc. La vérité, c’est que je n’étais pas encore détachée des modes de consommation conventionnels et que j’ai découvert par la suite le chemin de la simplicité, sur lequel je suis toujours et qui m’en fait découvrir toujours plus !

Car c’est cela qu’il est intéressant de soulever : prendre des habitudes d’hygiène et de soin plus saines et respectueuses pour la planète et pour soi, ce n’est pas simplement remplacer tous ses produits conventionnels par des produits bio et naturels : c’est aussi remettre en question ses modes de consommation et ses habitudes, afin de parvenir à une certaine épuration, fondement de tout changement dans la joie et la bonne humeur : contrecarrons les Shadoks et leur célèbre maxime : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Le truc, c’est que si on ne part pas sur ce genre de base, on risque de se retrouver empêtré-e dans une bonne grosse toile d’araignée : on y perd de l’énergie, de l’argent et du temps ! Et c’est un peu ce qu’il m’est arrivé !

Voici donc une petite liste pour néophyte désirant s’y retrouver ! :)

1) Savoir lire les listes de composition et reconnaître les ingrédients

C’est peut-être la première des choses à laquelle s’intéresser : la liste INCI, la fameuse. Au début, cela peut paraître très compliqué et fastidieux, mais au fur et à mesure, on apprend les bons ingrédients, on développe des astuces, et une bonne mémoire !
Une astuce, c’est de regarder déjà l’ordre des composants dans la liste : si les extraits naturels sont tout à la fin et mangés par des tas de trucs en _cone ou en -xane, laissez tomber : c’est plein de silicones et les extraits naturels n’auront aucun effet, sinon marketing (bonjour le Greenwashing, tu vas bien ?)

Savoir reconnaître les tensioactifs (le ou les agent-s lavant-s dans un shampoing ou gel douche) est une part essentielle de cette connaissance : vous verrez, on retrouve toujours les mêmes dans la cosmétique conventionnelle (Sodium Laureth ou Lauryl Sulfate ou Ammonium Lauryl Sulfate en grosse majorité) : ce sont les meilleurs marchés et ceux qui produisent le plus de mousse (et qui décapent le plus aussi, accessoirement…)

Enfin dernière astuce : plus une liste est longue, plus elle a de chance de contenir des ingrédients pas glop, et moins c’est bon pour vous et pour la planète (car les ingrédients agressifs ou siliconés ne sont pas seulement nocifs pour vous, mais aussi pour la planète, aussi bien dans la production que dans les déchets) ! Donc privilégiez les listes INCI courtes, dans lesquelles vous reconnaissez un maximum de noms : sim-pli-ci-té :) et bien-sûr, vous pourrez vous fier à certains labels.

2) Connaître les marques de confiance, les magasins (physiques ou en ligne) et les labels fiables

Il existe un certain nombre de labels dans le monde de la cosmétique naturelle et bio aujourd’hui, mais tous ne se valent pas, loin de là ! Comme le but de cet article n’est pas de détailler les labels, je vais simplement vous donner ceux en lesquels j’ai toute confiance : Nature&Progrès et BDIH sont mes deux favoris, la quasi-totalité des produits que j’ai sont enregistrés sous l’un de ces deux labels. Je vous renvoie en fin d’article vers le blog de Tinùviel, qui avait fait un gros et très bon travail sur les labels et qui vous permettra d’y voir plus clair !

En ce qui concerne les magasins et les marques de confiance, il faut déjà s’intéresser à leurs produits, à leurs compositions et à leur éthique. Une marque qui ne promeut que des ingrédients rares et chers, qui viennent de loin : passez votre chemin ! C’est du marketing pur jus, et ce n’est pas bon pour la planète. Se détacher des sirènes du marketing, c’est important car ça existe aussi dans le bio et le naturel ! J’en parlais dans cet article de façon détaillée.

Après, tout dépend aussi de votre tolérance par rapport à certains ingrédients : personnellement, je bannis les silicones et tout ce qu’y s’en rapproche de près ou de loin, mais certain-e-s d’entre vous en ont peut-être encore besoin pour démêler leurs cheveux correctement : il ne s’agit pas de se restreindre et de se forcer, car alors c’est comme pour un régime : on finit toujours par rechuter, et encore plus fort ! Faites vraiment les choses à votre rythme, c’est le plus important : il faut que ça ait du sens pour vous.

Trier, vider, remplacer et trouver sa routine !

3) Vider ses placards et se débarrasser des nocifs

L’étape naturelle après ça, c’est le TRI ! Pas évident au premier abord ! Là aussi, faites les choses à votre rythme : si vous détestez le gaspillage plus encore que les produits nocifs, terminez vos bouteilles, vos crèmes, et ensuite rachetez du bon ! Et si vous détestez le gaspillage autant que les produits nocifs, vous pouvez tout à fait recycler une bonne partie de vos produits !
Progressivement, vous aurez moins de produits, mais ciblés et qui vous correspondent vraiment. Et puis rien n’interdit de modifier sa routine régulièrement : selon les saisons, les endroits où vous vivez, votre peau et vos cheveux auront certainement des besoins différents ; le truc, c’est d’éviter au possible la rigidité et de lui préférer l’adaptabilité et la souplesse du félin !

4) Revoir ses habitudes de consommation : tenir un journal par exemple

Au début de ma transition, j’ai tenu un journal personnel sur l’évolution à la fois de mes cheveux, de ma peau, et mon utilisation des produits, mes nouvelles découvertes et tutti quanti. Je l’ai arrêté naturellement depuis, car je n’en avais plus besoin, mais il m’a été d’une grande aide pour constater mon évolution, faire un retour construit sur les produits que j’utilisais et avoir un peu de recul sur tout ça !
Il peut prendre la forme que vous voulez, sur Word, sur internet même : beaucoup de chevelu-e-s et de blogueuses ont commencé comme ça ! Mais ça peut aussi être un cahier, un agenda, si vous aimez le scrapbooking, ou que sais-je encore ! C’est un super outil qui demande peu de temps et dont il serait dommage de se priver.

Revoir ses habitude de consommation ne se fait pas en une seule fois ! Vraiment, je vais me répéter mais faites-le pour vous, à votre rythme. L’échec n’existe pas ! Même quand on teste un produit, que cela ne convient pas du tout : eh bien on en teste un autre, on se nourrit de son expérience, on accumule aussi les connaissances et on avance sur son petit bonhomme de chemin, on s’enrichit au fur et à mesure !
C’est incroyable et ce n’est pas mesurable, ce que ce chemin m’a apporté depuis quatre ans, et m’apporte encore :)

5) Etre progressif et ne rien faire dans la précipitation

Faites attention au greenwashing, au marketing et à la publicité : on sait à quel point cela peut nous faire acheter des choses inutiles, et je parle en connaissance de cause. Pour ça, le journal vous sera très utile, car en plus du recul pris, il vous permettra de faire le point sur ce dont vous avez vraiment besoin et de tester les choses progressivement.

Ne vous laissez pas entraîner par des articles sur internet, même si ce sont des articles provenant de personnes merveilleuses et de confiance absolue sur des blogs par exemple (haha) : c’est vous qui décidez, et ce sont vos cheveux, votre peau, votre corps : pas celui d’un-e autre !
Si vous sentez votre coeur s’accélérer, vos yeux se remplir d’étoiles brillantes et vos mains choper tout ce qui bouge : fermez cette page internet, sortez de ce rayon de magasin, respirez un grand coup et attendez quelques jours, voire une semaine ou deux : généralement, cela suffit pour se rendre compte si l’on avait réellement besoin de quelque chose ou si l’on s’est laissé entraîné par la fée consommation.
En testant les choses les unes après les autres, vous ne risquerez rien, vous ne perdrez rien : mettons que vous voulez arrêter le shampoing : vous testez d’abord le shikakai, qui ne vous convient pas vraiment, même après trois ou quatre utilisations et des préparations différentes. Vous passez au rhassoul, puis au bicarbonate, vous mélangez, vous testez : au lieu d’avoir acheté d’emblée plein de poudres lavantes, un shampoing sec, des tas d’argiles, vous avez trois produits, dont deux aux multiples utilisations !

6) Lire, se renseigner, (se) poser des questions

Voilà, ça, c’est l’ultime étape et elle n’est jamais terminée ! Lire les blogs, les articles, confronter les opinions, les compte-rendus de produits, poser des questions en commentaire, aller sur des forums… Non seulement parfois, cela vous empêchera de faire une bêtise (dans le sens où vous pourriez regretter ou être déçu-e, pas dans le sens dichotomie Bien/Mal-bouh-méchant-pas-bien), mais en plus vous allez vous apercevoir que vous retenez des tas de trucs, que vous y verrez de plus en plus clair ! Et puis ça permet également de faire de belles rencontres, découvrir plein de bonnes idées et de propositions en tout genre.

Toutes ces informations nourrissent la réflexion, permettent l’élargissement du sujet, d’aller plus loin, plus profond, et de préciser à la fois sa pensée et sa volonté, ainsi que ses besoins : se forger une opinion qui nous appartienne vraiment passe par la connaissance, l’information, la curiosité tout simplement !

La connaissance comme un arbre : ramification et enracinement :)

Et puis grâce à la magie des internets, on découvre des choses bien au-delà de ce par quoi on a commencé ! Il y a quatre ans, je voulais simplement me faire un henné naturel…

Alors pour le meilleur, et bonne route ! :)

Articles en lien
De la cosmétique naturelle à une approche holistique : prise de conscience
Cosmétique naturelle : cibler ses objectifs pour acheter moins
Cosmétique maison, piège à cons ?

Pour aller plus loin
Le point sur les labels bio de Tinùviel
Reconnaître les tensioactifs

7 réflexions sur “Six étapes pour passer au naturel

  1. Article très bien écrit qui ressemble pour beaucoup à mon parcours. On tâte, on cherche , on consomme trop et au final on comprend et notre salle de bain et notre corps respire enfin et nous remercie. Ha oui! Et le portefeuille aussi!

  2. voilà au moins un article de bon sens pour les débutants dans le bio
    avec une consigne: attention au zèle du néophyte!!; la cosmétique conventionnelle l’ aime bien

  3. Très intéressant pour les débutants !

    C’est vrai que c’est à peu près la ligne directrice générale, inconsciente ou non, pour ceux qui se lancent.
    Par contre je me rend compte que j’ai eu la chance de ne pas connaître l’étape « j’essaye tout et tout pleins d’actifs ». :D
    L’astuce est de choisir en effet un ingrédient bien multi-tâche qui comblera nos attentes. Quitte à mettre des heures à faire des recherches et des jours à hésiter^^.
    Ce qui n’ empêche pas bien entendu de se retrouver quand même avec quelques trucs au début qui n’auront pas vraiment servi car inadaptés. C’est comme pour un shampoing ou autre, on ne peut pas deviner à l’avance si cela nous conviendra. Mais rien qu’en procédant ainsi, on fait de grosses économies en plus de savoir rapidement si le produit convient car pas d’interférence avec d’autres actifs. Et puis avec l’expérience, on apprend ce qui nous correspond le mieux et on va vite droit au but. Tu as donné un bel exemple avec le rhassoul et le bicarbonate.
    La clé c’est comme tu le disais, tester progressivement et ne pas brûler les étapes.

    Le journal pour ma part sert plutôt à élaborer des recettes ultra simples avec des ingrédients de base qui reviennent le plus souvent possible ;) Il est sous forme numérique par contre, c’est moins fouilli ainsi.

    • Merci :) !

      Oui, c’est vrai que quand on peut éviter l’étape « achat frénétique », ce n’est pas plus mal, et j’espère que des néophytes tomberont sur cet article pour ne pas reproduire ces erreurs !
      C’est vrai que ça peut mettre du temps mais ça vaut carrément le coup, faut de la patience mais quand on a trouvé sa routine, c’est bonheur ! Et puis je crois aussi que le secret, c’est de pas trop se prendre la tête non plus, parce que si ça tourne à l’obsession, chaque échec sera une montagne de plus à gravir, alors qu’en fait, ce n’est pas si grave :)

      Oui tu as raison pour le journal ! Il m’a pas mal servi à ça ; maintenant, j’ai un petit cahier de recettes, et je reviens dessus pour les modifier ou mettre des avis des personnes qui les ont testées etc., c’est très pratique !

  4. Un sujet essentiel à traiter pour une Dame Nature 🌿 et, qui plus est, est très bien apprivoisé (qualité de l’écriture). Tu retraces parfaitement mon propre parcours et sûrement celui de pleins d’autres personnes, et cela est important pour que les lecteurs découvrent et comprennent qu’il y a un vrai esprit derrière nos habitudes de consommation.
    Merci !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s