Cosmétique maison, piège à cons ?

Sous un titre volontairement provocateur, j’ai l’impression que la question de l’utilité réelle de la cosmétique maison revient de façon récurrente, et j’ai trouvé intéressant de l’aborder ici pour faire un point, pour vous comme pour moi.

Tout comme y a eu Gainsbourg et Gainsbarre, Renaud et Renard… il y a la cosmétique maison et la cosmétique naturelle, bio du commerce. Mais n’oublions pas le symbole du Tao : il y a toujours du Yin dans le Yang ; et c’est quand le Yin est au plus fort que le Yang commence, et vice-versa. Ainsi pouvons-nous analyser et poser une réflexion qui se veut complète, sur les avantages et les inconvénients de la cosmétique home-made, en essayant d’englober le plus de paramètres possibles, afin d’avoir une vue d’ensemble de la chose.

Il ne s’agit donc pas de juger ce qui est bien ou mal, ni de tirer à vue sur qui ou quoi que ce soit, mais de trouver ce qui fait sens, ou pas. D’analyser les bénéfices et les pertes de la cosmétique maison. Essayer de comprendre un peu ce phénomène complexe, les médailles et leurs revers, afin que chacun-e choisisse en toute conscience et connaissance, sa façon de consommer.

Et pour finir sur cette introduction, une petite citation de Tonton Jung :

Le pendule de l’esprit balance entre ce qui a du sens et ce qui n’en a pas, non pas entre le bien et le mal.

Qu’appelle-t-on cosmétique maison (home-made) ?

La cosmétique maison se divise en deux :

  • la tambouille de cuisine, j’entends par là l’utilisation et la mise en valeur cosmétique des ingrédients ordinairement culinaires (huiles alimentaires, fruits, jus, farines, vinaigres, etc.) ;
  • l’élaboration de recettes personnelles de crèmes, beurres, shampoings, savons, etc., sur le modèle des produits du commerce, mais dans une idée d’adaptation parfaitement individuelle, avec des ingrédients personnalisés et choisis ;
  • je mets à part l’utilisation des poudres de plantes et des argiles, qui pour moi font partie intégrante de l’approche de Slow Cosmétique défendue entre autres sur le blog de Julien Kaibeck.

La première s’apparente à de la récup’, où le système D est de mise : détournement de produits, valorisation et exploration sont au rendez-vous ! Je l’ai adoptée depuis plusieurs années déjà, avec satisfaction.
La deuxième se construit sur le modèle du produit cosmétique de laboratoire : des émulsions, des agents de conservation, des actifs ; avec au rendez-vous de la rigueur, de l’imagination pour concevoir ses propres recettes et une recherche quasi-permanente dans l’amélioration de celles-ci. Et celle-là, cela fait trois ans que je l’expérimente !

Un peu comme ça.

Le fait-maison, simple ?

Le but de la cosmétique maison, c’est la simplicité et la personnalisation totale, ajouté à la volonté d’un produit éthiquement maîtrisé de bout en bout. Autant dire des choses qui peuvent rapidement entrer en conflit. On se lance dans la cosmétique home-made pour se simplifier la vie, pour consommer moins, et puis finalement on se retrouve à jouer au petit chimiste avec des tas d’ingrédients plus ou moins utiles, plus ou moins naturels, et des produits plein nos placards.

La recherche préalable

Tout d’abord, il faut savoir qu’on ne se lance pas dans la cosmétique maison comme du haut du plongeoir des enfants : il faut lire, se renseigner : sur les ingrédients, les façons de procéder, les recettes… afin de ne pas faire de bêtises. Il faut connaître les dosages pour chaque ingrédient, les incompatibilités, les contre-indications de certains, leurs effets précis, les synergies possibles, les précautions d’emploi (je pense particulièrement à la soude caustique pour les savons et aux huiles essentielles).
Lorsque j’ai commencé cette démarche, internet a été mon grand ami (vous trouverez des tas de sites tenus par des gens sérieux), ainsi que l’expérimentation personnelle : j’ai bien-sûr commencé par copier les recettes des autres, mais j’ai rapidement cherché à faire les miennes. Il va de soi que ma façon de faire des cosmétiques a évolué depuis…

La provenance des matières premières

Il n’est pas toujours facile de connaître la provenance de certaines matières premières. Elles ne sont que trop rarement labellisées, et du coup, on ne sait pas trop quels critères elles doivent remplir pour se retrouver sur l’étal de notre marchand d’ingrédients cosmétiques (procédé de fabrication, provenance, droits humains, pollution, etc.). Cela oblige à une plus grande vigilance, et à réfléchir réellement à ce qu’est chaque produit, chaque ingrédient : selon notre éthique, on choisira tel ou tel ingrédient, et on en bannira d’autres. Il ne faut pas croire que parce qu’une boutique défend la cosmétique maison, elle défend aussi une cosmétique 100% naturelle et écologique : je pense particulièrement aux tensioactifs et aux émulsifiants (mais aussi à certains actifs) : s’ils proviennent d’un végétal, a-t-il été cultivé biologiquement ? Et de quelle région du monde ce matériau provient-il ? Le procédé de fabrication est-il sans danger et responsable pour la nature et la vie humaine (la vôtre, mais aussi celle des gens qui cultivent et fabriquent cet ingrédient) ?

Il est, pour moi, essentiel de se poser ces questions et d’avoir une réflexion poussée sur les matières premières ; si l’on boit inconsidérément à la source des marchands, ne revient-on pas finalement à ce à quoi l’on voulait échapper en se mettant à la cosmétique maison ?

Les tensioactifs... une vaste problématique !

Les tensioactifs… une vaste problématique !

Les « sur » : surabondance de choix et surconsommation

Vu que notre bonne vieille société de consommation capitaliste reste le background de notre façon de consommer, nous sommes confronté-e-s, en cosmétique naturelle finie comme en cosmétique maison, à ses problèmes : manipulation marketing, publicité, extrême abondance de choix, égoïsme, rentabilité, profit. Chaque entreprise créée dans ce background doit faire avec ça, et certaines s’en sortent très bien d’un point de vue éthique, par des choix affichés, mais d’autres sont plus floues sur leur éthique, et leurs choix laissent à penser que la course au profit est devenue leur leitmotiv.

La proposition de toujours plus d’ingrédients cosmétiques va dans ce sens, et elle est pour moi contraire à une éthique éco-responsable. Il faut garder son bon-sens et son esprit critique face aux discours des entreprises, et plutôt se fier à leurs actes. Nous n’avons pas besoin des dizaines d’actifs proposés, ni d’huiles ou d’essences rares : je prône la simplicité, en lieu et place de l’habituelle, pardonnez le terme, branlette intellectuelle et complexification à outrance des recettes de cosmétiques home-made. Dans quel but, pour quoi faire ? Si c’est pour copier ce que font déjà, et mieux, les marques de cosmétiques naturelles, autant acheter directement auprès de marques responsables, naturelles, transparentes et/ou labellisées ! Cela reviendra moins cher…

La cosmétique : un paramètre parmi tant d’autres dans le soin

La première chose à savoir lorsque l’on change son mode de consommation, que l’on verse dans la cosmétique maison ou non, c’est que nous sommes un, et tout vient de l’intérieur : alimentation, moral, activité physique, intellectuelle et spiritualité, tout ceci va se refléter sur notre peau, sur nos cheveux, et dans tout notre corps. L’enveloppe physique que nous possédons dit énormément de choses de nous, mais si l’on a un problème, on ne le résoudra pas en s’attaquant uniquement à la chose visible.

La cosmétique est et doit rester, de mon point de vue, un coup de pouce, un moment privilégié pour prendre soin de soi, mais en aucun cas un tuteur sans lequel nous nous écroulerions. Même les problèmes de peau les plus encombrants peuvent être résolus par une prise en charge holistique, dans laquelle la cosmétique n’a qu’un rôle parmi tant d’autres choses : eczéma, acné, psoriasis, etc., peuvent être résolus ainsi, parole de vécu. :)

Connaître les plantes de son pays et savoir les utiliser, que ce soit pour un usage cosmétique ou pharmaceutique (phytothérapie) est aussi un moyen de mieux consommer tout en ayant des macérâts (hydro-alcooliques ou huileux) tout à fait personnalisés ! Ici des fleurs de souci, ou calendulas.

Les habitudes de consommation

Le marketing

On ne le répétera jamais assez : analyser ses besoins et ses habitudes de consommation est l’une des meilleures façons de moins et mieux consommer. Les connaître sur le bout des doigts, c’est déjà faire en sorte qu’elles soient le moins induites possible par le marketing et par les autres : votre amie Hilda a un super sérum qu’elle adore et qu’elle chérit, et son enthousiasme vous donne envie de vous l’acheter (le sérum, pas Hilda) : en avez-vous besoin, et surtout : avez-vous l’habitude d’utiliser un sérum ? Allez-vous l’utiliser tous les jours ? Si ce type de soin ne fait pas partie de votre routine, il est fort à parier que vous allez vous lasser et retournerez plus ou moins rapidement à votre simple crème de jour ou huile, qui vous va si bien.

Les entreprises conçoivent leur marketing sur (entre autres) nos habitude supposées de consommation, tout en induisant des besoins qui ne sont initialement pas les nôtres, pour pouvoir vendre leurs produits. Et toute leur communication est centrée sur nous : les couleurs, les formes, les odeurs qui vont nous plaire, et nous faire acheter un produit juste parce qu’il est plus joli qu’un autre ! Dans le cas de la cosmétique maison, on va vous dire que ce nouvel actif est providentiel, qu’il est miraculeux, on induira qu’il est irremplaçable et que l’essayer, c’est l’adopter ! Et hop, vous vous direz à votre tour que vous allez probablement passer à côté de quelque chose, que ce serait dommage de ne pas l’essayer, après tout, 6,90 €, ce n’est pas grand-chose… Et c’est comme cela que l’on se retrouve avec des produits plein ses placards, qui périment avant qu’on ait pu dire gloups, tout simplement parce qu’ils ne font pas partie de nos habitudes de consommation et que leur utilisation n’a pas transcendé notre vie…

L’acte d’achat

Si vous vous mettez à la cosmétique maison pour votre usage personnel et unique, c’est là qu’évaluer votre consommation va être le plus délicat : n’hésitez pas à faire un petit journal sur un mois, pour noter votre routine, vos produits préférés, vos envies/besoins, avant de passer à l’acte d’achat des ingrédients. Commencez dans tous les cas par des choses simples :

  • de la cire d’abeille (bio et non blanchie, on en trouve chez n’importe quel producteur de miel bio) ;
  • des huiles végétales multi-usage : olive, argan, avocat pour les « grasses » (une ou deux suffisent), huile de sésame, ou de noisette pour les « sèches » (choisissez en une selon vos préférences – ayant testé les deux, ma préférence va à la sésame), et de l’huile de ricin pour vos baumes à lèvres, mascaras, et soins pour les cheveux ;
  • quelques huiles essentielles multi-usage (qui serviront autant dans votre pharmacie que dans vos cosmétiques) : tea-tree, lavande, ylang-ylang, menthe poivrée, citron ;
  • un ou deux hydratants : de la glycérine, et des graines de lin pour pouvoir faire du mucilage ;
  • un conservateur de votre choix, mais ce n’est pas nécessaire : vous pouvez en effet faire de petites quantités conservées un mois au frigo ! Ayez simplement de la vitamine E (en liquide ou en pastilles) pour une conservation optimale de tous les corps gras (macérât huileux, baumes, etc.)

Vous pourrez ajuster vos stocks par la suite ; au début, n’hésitez pas à prendre de petites quantités : pas la peine de vous acheter 200 mL d’huile de sésame si vous vous rendez compte à la deuxième utilisation que vous ne l’appréciez pas particulièrement.

J’ai une tendresse toute particulière pour les abeilles ; déjà parce qu’elles accomplissent le petit miracle de la pollinisation, et puis qu’elles nous fournissent aussi la cire, à se procurer évidemment chez un apiculteur bio :)

Si d’ores et déjà, vous savez que vous allez faire des cosmétiques pour votre entourage, il vous faudra de plus grandes quantités, et peut-être des ingrédients plus variés pour pouvoir répondre aux besoins d’une peau mature et d’une peau acnéique, et de différents types de cheveux. Là, c’est à vous de réfléchir aux besoins de votre entourage, mais le principe de simplicité est le même au début : prendre des ingrédients classiques, user d’astuces pour pouvoir faire des recettes variées qui puissent convenir à un maximum de personnes en changeant peu de choses à chaque fois ! Par exemple, l’huile d’argan convient à tous les types de peau, et c’est bon à savoir, tout en offrant un toucher moins gras que l’huile d’olive.

Enfin, un dernier petit mot sur les actifs : choisissez un actif de chaque type (hydratant, traitant peaux mixtes/acnéiques, peaux matures, etc.), et considérez les huiles et les hydrolats comme des actifs en eux-mêmes : une simple huile additionnée d’une huile essentielle adaptée pourra convenir et soulager une peau agressée par des soins inadaptés (qu’elle soit sèche, sensible, ou mixte à tendance acnéique, etc.). En élaborant une crème, les huiles et hydrolats choisis, ainsi que leurs proportions dans la crème, feront 70% de l’efficacité du soin !

Et bien-sûr, pensez à faire vous-mêmes vos macérâts huileux et certaines préparations type lanoline végétale : ça évite d’acheter et c’est frais et adapté à vos besoins !

Greenwashing partout, conscience nulle part ?

Le sujet du greenwashing a déjà été abordé sur à peu près tous les blogs de cosmétiques naturels que je connaisse, je pense que vous savez ce que c’est ; et si ce n’est pas le cas, voici un bref rappel : c’est l’acte marketing de faire croire, par un packaging (logo, couleurs, nom), voire de faux « labels » (les fameux « 100% naturel » dans un cercle vert, et consorts), à un produit naturel, bio et sain, alors que l’on a à faire à un produit de basse qualité, le plus souvent conventionnel, dont la composition laisse plus qu’à désirer…

Je pense qu’il serait (malheureusement) naïf de penser qu’il n’y a pas de greenwashing (ou tentative) lorsque l’on parle de cosmétique maison naturelle. Et si je ne vous ai pas perdus en route, vous comprendrez aisément en quoi certaines manœuvres des revendeurs peuvent être assimilées à cela. Il n’est pas question ici d’un manque de transparence, mais de contournements habiles pour réussir à nous faire acheter, par exemple, de l’huile de tomates qui proviennent de Chine, quand on connaît les difficultés à tracer la filière biologique chinoise.
On en revient toujours à la même chose, finalement : faire attention à ce que l’on achète, prendre garde à la provenance de chaque produit et à la façon dont il a été fabriqué ; prendre en compte toutes les facettes de fabrication : éthique, droits humains, droits animaux, respect de l’environnement, transport… Et ne pas se laisser bercer par les sirènes des marchands (dont le but premier est de vendre), qui pourraient bien finir par nous dévorer tout cru.

Et les labels dans tout ça ?

Bien souvent, les revendeurs de cosmétique maison n’ont pas ou peu de labels. Par exemple, Aromazone dispose de plusieurs labels (AB, Cosmébio, Ecocert, One Voice), mais pas valables sur tous les ingrédients (excepté pour le label One Voice), même si leur gamme tend à s’élargir. On notera cependant que ces labels sont loin d’être les plus exigeants ; pour ma part, je me fie bien davantage à Nature & Progrès ou au label allemand BDIH.
My Cosmetik dispose lui aussi des labels Cosmébio et Ecocert.

Et voilà, j’ai encore craqué chez mon fournisseur d’ingrédients préféré… (En vrai, ceci est la salle des Potions des films Harry Potter)

Les labels étant parfois coûteux, il ne faut pas non plus remettre tout entre leurs mains : Weleda, pour ne citer que cette marque, n’a longtemps eu aucun label par choix, malgré la qualité de ses produits : la marque refusait de faire des compromis sur ses recettes (à raison !) ; et elle a finalement obtenu le label Nature&Progrès il y a deux ans environ (si ma mémoire est bonne)… sans rien changer ! On fera donc attention à la provenance des produits (s’il vient d’un pays étranger), et en cas de doute, ne pas hésiter à faire quelques recherches sur la législation du pays en question : il peut y avoir des subtilités bonnes à connaître (comme pour les Etats-Unis)…

Enfin, les tout petits producteurs ou revendeurs peuvent ne pas avoir de label : dans ce cas, c’est la confiance et le bouche-à-oreille qui jouent ; il ne faut pas hésiter à poser des questions également, si l’on a un doute sur un produit.

La cosmétique maison : faire des choix

Finalement, on peut facilement trouver sa voie dans l’alternatif, en se creusant la cervelle : foi de moi, c’est beaucoup plus rigolo, stimulant et gratifiant que de suivre des voies toutes tracées ! Que l’on parle de cosmétique naturelle (toute faite) ou de cosmétique maison, on se trouve toujours dans un système où la croissance et les objectifs de vente sont vitaux pour la stabilité d’une entreprise. C’est dans l’intérêt des marques, quelles qu’elles soient, de vous vendre, de fidéliser vos achats, et si possible de vous vendre un peu plus. En tant qu’individu responsable, il est important de ne pas se laisser piéger par ce système et de continuellement se poser des questions, de mettre en doute ce qu’on vous dit : cahin-caha, on trouve ses repères, ses marques de confiance, ainsi que ses habitudes et préférences.

Je ne poserai de cornes de diable ni sur la cosmétique naturelle, ni sur la cosmétique maison : j’ai trouvé ma voie entre les deux, en mixant ce que j’aimais chez l’une et chez l’autre. Cela m’a pris trois ans, mais aujourd’hui je suis à peu près sûre que les habitudes que j’ai adoptées me suivront un bon bout de temps :

  • Shampoing, gel douche, savon, dentifrice, maquillage : cosmétique naturelle, préférence pour Weleda et Logona, et pour des petits fabricants pour les savons, Lily Lolo pour le maquillage ;
  • Crèmes (corps et visage), baumes à lèvres, gommages, déodorant, synergies d’huiles (végétales et essentielles) : cosmétique maison ;
  • Ingrédients bruts : hydrolats, poudres de plantes, huiles et beurres végétaux spécifiques, macérâts, argiles.

Je privilégie autant que faire se peut le local, en choisissant des produits d’origine européenne ou nord-africaine, mais j’ai aussi quelques indispensables qui viennent d’ailleurs, comme le beurre de karité ou certaines huiles essentielles.
J’ai également choisi de simplifier ma façon de faire des recettes : je recherche désormais des recettes adaptables le plus possible, pratiques, et demandant peu d’ingrédients. J’ai porté mon choix sur la cire d’abeille exclusivement pour l’émulsifiant : c’est à mon sens le seul qui soit fiable (selon mes critères et mes exigeances) en cosmétique maison, et il permet de plus une grande diversité de textures : crème légère, cérat, baume plus ou moins dur… tout en un !
J’ai des actifs à terminer, d’autres ingrédients, mais je ne les rachèterai pas une fois finis, tant il y a de choses que j’utilise trop peu.

D’où ça vient… et où l’on va ! :)

Cette épuration est venue aussi de mon chemin de vie personnel : passage au végétarisme, remises en question, ouvertures, découvertes : quand on comprend que tout vient de l’intérieur, la cosmétique prend moins de place et les gestes changent : au lieu de se « réparer » ou de faire des « ravalements de façade », on prend soin de soi, on se masse, on se met en valeur dans la bienveillance voire l’amusement, et l’on s’aime, tout simplement.

13 réflexions sur “Cosmétique maison, piège à cons ?

  1. Bonjour et merci pour cette belle lecture que j’aurais aimé avoir lorsque j’ai débuté.
    Il y a 2 ans, je me suis lancée dans les cosmétiques home-made, par dégoût des produits industriels mais aussi par conviction écologique. Je passais mon temps à farfouiller les blogs et sites de matières premières si bien qu’un jour, je me suis retrouvée avec des tonnes d’ingrédients que je n’avais utilisé qu’une fois et dont je ne savais que faire (la faute à AZ qui proposent des recettes avec beaucoup d’ingrédients, souvent différents).
    Au fil des mois, je me suis rendue compte que tous ces produits n’étaient pas nécessaires et que surtout, ils n’étaient pas forcement éco-friendly: indignation devant la cire émulsifiante à base d’huile de palme, les extraits de plantes rares, etc. Végétarienne sur la voie du végétalisme, j’ai réalisé qu’il y avait un certain manque de cohérence dans ma démarche; chose que je reproche d’ailleurs à beaucoup de marques bio.
    J’ai peu à peu vidé mon stock en réalisant des produits dont je n’avais pas vraiment besoin, recycler mes huiles en savon, fait des tonnes de cadeaux…
    Aujourd’hui, tout comme toi, je me contente du minimum: quelques huiles végétales, des huiles essentielles « essentielles », de la cire végétale (carnauba…) et de l’aloé véra/glycérine.
    J’utilise également des poudres pour mes cheveux mais ça s’arrête là.
    Je me sens moins coupable, je n’ai plus de placards qui débordent de produits et surtout, disons la, je fais des économies:)
    bonne journée et @ bientôt :)

    • Merci pour ton commentaire, et d’avoir pris le temps de témoigner, c’est toujours intéressant d’avoir ces retours ! :)

      J’ai l’impression qu’on est beaucoup à être passé par là… En effet, je trouve comme toi que les recettes que l’on peut trouver sur les sites des revendeurs (AZ entre autres) sont trop complexes, et visent surtout à nous faire acheter tel ou tel ingrédient « indispensable » à la recette… En fait, la majorité de leurs recettes tournent autour d’un actif phare (différent à chaque fois, sinon c’est pas rigolo), alors que les recettes simples d’une marque comme Weleda, ou bien celles que je fais en ce moment, tournent autour de quelques huiles et surtout, de la proportion eau/huile dans la crème, qui elle, va tout changer…

      Bonne continuation et à bientôt sur le blog j’espère :) !

  2. Moi aussi j’ai beaucoup de tendresse pour les abeilles !

    Quel article ! Je suis contente de lire cela, cette réflexion à coeur ouvert et posée en quelque sorte, car on trouve rarement des avis autres que tranchés (« la cosméto maison c’est la vie » ou « ça ne sert à rien », mais quelqu’un un peu entre deux qui essaie de garder la tête claire, c’est rare).
    Je rentre personnellement tout à fait dans la case « système D » ou « détournement de produits alimentaires » (ainsi que quelques poudres), mais par flemme, par manque d’argent, par hésitation à commander sur internet, je n’ai jamais franchi le pas vers la cosmétique maison à proprement parler, je veux dire les crèmes et préparations maison autres que du lait de coco additionné de miel… Rien que de très simple chez moi ! Et, bien que j’aie des moments où ce que je tambouille ne me convient pas du tout, j’aime expérimenter ainsi avec des choses simples que je peux trouver un peu partout (et non dans 2-3 boutiques en ligne spécialisées). Mais je ne suis pas contre la tambouille plus élaborée, au contraire, j’admire les gens qui ont cette patience et ces connaissances, qui investissent cette énergie là-dedans. Moi, pour les produits que je ne peux formuler moi-même (genre shampoing), je me contente de faire confiance à des marques sûres (d’ailleurs ça me fait bien plaisir que tu cites l’une de mes préférées, l’une des rares qui ne m’a jamais trahie, ni sur les compos, ni sur le résultat : Weleda) (petit moment de fierté helvétique).

    Bien intéressant donc. Câlin chevelu

    • Merci beaucoup pour ton retour, ça me fait très plaisir :) !

      J’ai longtemps fonctionné sur le seul système D, mais à un moment donné, ma peau (visage) m’a dit merde, et s’est mise à ne plus supporter grand-chose d’autre que mes crèmes ^^ : et puis, prise par le truc, j’ai trouvé ça hyper intéressant ! Alors au début je voulais tout faire moi-même, et puis finalement j’en suis arrivée là, et ça me va plutôt très bien :) !
      Weleda = coeur :p c’est vraiment une marque infaillible, je leur souhaite encore une très longue vie !

      Câlinous !

  3. Bonjour Gobelalune !

    Tout d’abord merci pour ce bel article qui remet en perspective le milieu du soin corporel. On voit en effet se développer considérablement le fait maison, quel que soit le domaine. Pour ce qui est des cosmétiques, on voit pas mal de recettes qui sont très basiques et où les ingrédients de la cuisine sont mis en valeur. C’est une très bonne chose. Mais, parmis ces nombreuses recettes, beaucoup ne sont pas toujours confortables à l’utilisation. Et c’est, à mon sens, ce qui a permis l’émergence d’une cosmétique maison réalisé à partir d’ingrédients plus « professionnels ».
    Cela permettant d’obtenir des produits similairement confortables à ceux du commerce.

    Pour prendre un exemple, les applications d’huiles ou de baumes contenant des huiles essentielles sont très efficaces pour traiter de nombreux problèmes. Mais le côté gras peut être gênant. Enfin, gênant pour moi. Je parle en tant qu’homme et je sais que nous les poilus, on n’aime pas le gras.

    Ceci-dit, je te rejoins complètement lorsque tu dis qu’il faille évaluer nos besoins et bien connaître les produits. Il n’y a que comme ça que l’on s’évite des achats compulsifs et souvent inutiles.
    Personnellement, n’étant pas un acharné du soin corporel, j’utilise mes produits en petites quantités. Je veille alors à acheter des ingrédients qui se conservent bien, m’évitant les achats tous les mois. Et j’évalue toujours l’utilité du produit pour moi. Pesant le pour et le contre, c’est ainsi que je tranche.

    Je partage également tont point de vue sur la composition des recettes. Je trouve que certains font trop dans le compliqué. J’ai vu des recettes avec des ingrédients sortis tout droit du futur et je me demande à quoi bon? Autant directement acheter dans le commerce, sauf si le plaisir ne se situe que dans le « je l’ai fait moi-même ».

    Et personnellement, sur mon blog, les recettes que je partage suivent deux lignes directrices:

    – La simplicité: accessibilité des ingrédients, facilité de mise en oeuvre de la recette.
    – Efficacité: les ingrédients les plus simples sont souvent les plus efficaces. Et pour cela, je préfère mettre en avant des produits « bruts » (infusions, poudre de plantes, huiles essentielles, extrait glycérinés) et pas des extraits de distillats de raffinage d’hydrogénéisation etc…

    Mais, recherchant le confort dans l’utilisation (sinon je fini par abandonner le produit), je passe tout de même par quelques ingrédients moins bruts, tels que les émulsifiants (à vrai dire je n’en ai qu’un seul, l’Emulsan d’AZ qui me convient parfaitement), caprilys entre autres. J’essaie simplement de ne pas multiplier ce genre d’ingrédients dans mes stocks, et pour l’instant, tout va bien.

    Bien à toi. ;)

  4. je pratique la cosmétique home made, mais j’ ai bien élagué les recettes
    et mes commandes chez aroma-zone, c’ est 75% d’ emballages, 20% de tensioactifs divers, et 5% de colorants, gommes, proteines et conservateur
    le seul beurre végétal que j’ emploie, c’ est la végétaline, ou sa petite soeur de chez Lidl

  5. J’adore ton article, merci pour ce partage :)
    Juste une petite remarque :  » l’élaboration de recettes personnelles de crèmes, beurres, shampoings, savons, etc., sur le modèle des produits du commerce, mais dans une idée d’adaptation parfaitement individuelle, avec des ingrédients personnalisés et choisis  » fait aussi partie de la Slow Cosmétique, si on est assez exigeants sur la matières utilisées ;)
    Enormément de personnes font la séparation recettes élaborées / Slow Cosmétique, limite l’opposition, mais c’est trop restreindre la Slow Cosmétique !

    • Je suis d’accord avec toi, la Slow Cosmétique englobe beaucoup de choses, et mon propos n’est pas de dénigrer totalement les recettes élaborées, mais de lutter contre les dérives :) ainsi que le montre le dernier article publié sur le blog, qui est une recette pour laquelle j’ai essayé de respecter au possible les principes de cet article :)

      En tout cas, merci pour ton retour et à bientôt sur le blog :) !

  6. Superbe article!
    Je pratique aussi la tambouille! avant tout pour mes filles..parce que je ressentais un profond malaise devant les listes interminables d’ingrédients contenus dans les crèmes pour bébés ou peau atopique..même bio!
    Du coup…je suis toujours surprise quand je vois que certaines s’amusent à mélanger un tas de trucs…se pensant à l’abris parce que c’est naturel ou bio! Mes produits maison ne comportent pas plus de 5 ingrédients de bas..des beurres, des huiles, de l’aloe…et très peu d’huile essentielles…qu’on utilise à tord et à travers pour moi. Et quand les phases se mélangent mal? je secoue à chaque utilisation!!! simple quoi!
    Ma plus grande peur..au delà du côté toxique ou perturbateur endo…ce sont les interactions…et je trouve inquiétant que certains n’hésite pas à mélanger une trentaines d’ingrédients!
    Et oui..les site comme AZ sont d’horribles commerçant sans scrupules! Mais j’y trouve quand même de bon produits basics!
    Encore merci

    • Merci beaucoup pour ton commentaire ! :)

      Les produits pour les petits font partie des trucs les plus nocifs (je pense notamment aux lingettes…) ; tu as raison de faire tes recettes pour tes filles, fais juste attention si une crème se déphase, il est probable qu’elle devienne du coup impropre à la consommation : mieux vaut fabriquer de petites quantités et conserver au frigo, ça t’évitera à la fois le déphasage et aussi de mettre un conservateur :)

      AZ ne sont pas sans scrupules ;) et on trouve chez eux des choses bien utiles ; mais il faut garder à l’esprit que ce sont des commerçants, dont le but est de vendre, et de ne pas se laisser amadouer par le marketing ! Après, chacun fait ses choix et prend ses responsabilités dans ses actes d’achat :)

  7. Bonjour Gobelalune,
    Je suis toute nouvelle par ici, je découvre ton blog grâce à ce super article, bravo et merci!
    Je partage tout à fait ton point de vue, et j’aime beaucoup la distinction que tu fais entre ce qui fait sens (ou pas) et ce qui est bien (ou mal). Il est important que nos actes s’inscrivent de manière cohérente avec le mode de vie que l’on choisit ; chaque personne faisant des choix différents, les réponses apportées seront différentes. J’aime aussi beaucoup ton point de vue hollistique sur la beauté/le bien-être.

    Depuis 3 mois, je suis « engagée » dans une démarche ZéroDéchets, avec une copine. Et c’est en fin de compte tout notre mode de consommation qu’on remet en question (quel impact réel nos achats auront sur la planète et sur notre santé? – déchets/pesticides/éthique sociale). La salle de bain est un domaine de réflexion intense… Au niveau des cosmétiques, je cherche des alternatives les plus simples possibles. Déjà parce que j’aime aller au plus simple et au plus rapide….bon oui, en vrai je suis une grosse fainéante (mais je me soigne! Si, si!). J’avoue qu’au début j’avais un peu de mal avec le BOOM des cosmétiques maison : acheter 10 ingrédients différents + 1 contenant en plastique (=11 achats) pour faire 1 produit /VERSUS/ acheter 1 produit … le compte est vite fait (en tout cas au niveau des déchets). Avec le temps, et les différents essais effectués ces derniers mois (H.E. de Palmarosa comme déo, pas TIP TOP l’odeur….), je modère de plus en plus mon point de vue. Je me rends compte qu’il y a différentes façons de faire ses cosmétiques maison, que ça ne rime ni avec achat de pleins d’ingrédients différents ni avec complexité. J’espère apprendre plein de choses simples sur ton blog! Merci par avance pour les trucs et astuces que je vais y trouver (j’ai déjà lu la recette du beurre d’avocat, au TOP!) … On aimerait créer un blog pour rendre compte de notre avancée dans la démarche ZéroDéchets / vie plus saine. Si cela t’intéresse je pourrais revenir te donner le lien! ^^

    Bisous !

    • Bonjour Juliette,

      Merci beaucoup pour ton commentaire et ton retour, ça me fait plaisir ce que tu dis là. :)

      Je trouve ta démarche vraiment très intéressante (tu peux bien-sûr mettre le lien en commentaire, je pense que ça intéressera aussi les autres lecteurs :)), c’est quelque chose qui me parle, forcément, j’essaye aussi de réduire au maximum mes déchets ; pour les cosmétiques, ça passe par des recettes simples mais aussi par le recyclage des contenants (je dis souvent à ma mère de ne pas jeter ses petits pots de crème de 50mL en verre :)), et si je dois en acheter, je privilégie le verre.
      On peut acheter une dizaine d’ingrédients, mais le tout est de savoir lesquels : par exemple si tu ne te procures que des ingrédients que tu vas utiliser pour toutes ou presque tes cosmétiques, on s’y retrouve vite ! Le piège, c’est d’acheter des trucs trop spécifiques, des actifs à la pelle, qui ne seront utiles qu’en un temps donné ou pour une peau spéciale. Le secret réside encore une fois dans la simplicité, mais ça te le sais déjà :)
      Concernant le blog, j’ai un peu évolué depuis le tout début, notamment en terme de simplicité, mais je compte produire des recettes qui correspondront plus à ce mode de fonctionnement :)

      Merci encore pour ton commentaire, la bise et à bientôt :)

  8. C’est intéressant tout cela! en tout cas merci pour le partage! pour ma part, je suis aussi une adepte du cosmétique maison et j’utilise presque tous les ingrédients que j’ai dans la cuisine pour me faire un petit masque ou gommage surtout quand c’est moi qui cuisine

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